Edition 2015, les empires
Salon du livre Table Ronde
Publié le 03/08/2015
Vendredi 9 oct. 2015 de 11:30 à 13:00 Conseil départemental, Salle Lavoisier

L'empire après l'empire : Asie centrale, Balkans, Turquie

Carte blanche aux éditions Karthala

L’empire est-il toujours d’actualité ? Avec la généralisation des États-nations de par le monde, la longue histoire des gouvernements impériaux semble parvenue à son terme. Pourtant les formes et les fonctionnements impériaux sont loin d’avoir péri. Ils restent encore des matrices pour décrire et penser (parfois métaphoriquement) la domination politique dans le monde contemporain. Nous en débattrons à partir de trois cas d’étude, qui sont autant de cas de figure :

  • Celui de l’Asie centrale soviétique, étudié à travers le cinéma de fiction produit dans l’entre-deux-guerres, permet de saisir la complexité de la forme impériale soviétique à l’époque stalinienne, grâce non seulement à l’analyse des imaginaires (nationalistes / internationalistes) véhiculés par les films, mais aussi par la compréhension des rapports de pouvoir et de domination centre-périphérie au sein des institutions cinématographiques fédérales et nationales.
  • Celui des Balkans contemporains : dans l’espace yougoslave se sont croisés et succédés les empires, façonnant les sociétés de la région. La Yougoslavie, créée en 1918 et disparue en 1992, peut elle-même être considérée comme un petit empire sud-slave. Avec la disparition de la Yougoslavie, les logiques stato-nationales se sont affirmées avec violence dans les années 1990. Mais dix ans de guerre et de nettoyage ethnique n’ont pas mis fin à la complexité de l’espace yougoslave, et la marque des empires reste perceptible dans les pratiques politiques comme dans celles du quotidien.
  • Celui de la Turquie du e siècle et jusqu’à nos jours, à la lumière d’une sociologie de l’action publique qui resitue l’histoire républicaine dans la plus longue durée de la trajectoire impériale ottomane. Une telle approche permet de relativiser l’idée communément acceptée selon laquelle la proclamation de la République aurait occasionné, en termes de modes de gouvernement, une rupture radicale avec l’empire qui précède. Ainsi, la délégation de certains outils d’intervention publique à des acteurs privés n’est pas seulement le signe d’un « néolibéralisme » contemporain : elle s’inscrit tout autant dans la continuité d’une administration impériale où institutions officielles et notabilités régionales entrent en constante interaction.

 

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