Edition 2018, La puissance des images
Cartes blanches Demi-journée d'étude
Publié le 28/08/2018
Samedi 13 oct. 2018 de 9:00 à 13:00 Site Chocolaterie de l'IUT, Salle 214

Les clichés de l’industrie

Carte blanche à l'Institut pour l'Histoire de l'Aluminium

L’objectif est d’aborder les différentes problématiques à l’œuvre autour de la photographie industrielle grâce à des intervenants de divers horizons : gestionnaires de collections patrimoniales, photographes, universitaires, archivistes et iconographes.  

Dès le XIXe siècle, l’industrie s’est saisie du nouveau média fourni par la photographie pour se mettre en scène et communiquer sur ses pratiques, ses équipements… et ses produits. Le phénomène a donné naissance à une discipline à part entière du « huitième » art : la photographie industrielle. Cette discipline a eu ses spécialistes dont les travaux ont progressivement été reconnus au même titre que leurs confrères paysagistes, portraitistes ou photojournalistes : John Craven, Henri Lacheroy ou Dominique Sarraute. D’autres s’y sont frottés à un moment de leur carrière comme Henri Cartier-Bresson ou Robert Doisneau et plus tôt les photographes de la « Vision moderniste » comme Germaine Krull. Au-delà des aspects esthétiques, la photographique industrielle constitue un formidable vecteur pour appréhender l’histoire économique et sociale. En effet, elle apporte, pour chaque période, un témoignage sur les questions techniques mais aussi sur les aspects du travail à l’usine et dans l’industrie. Les hommes sont également un sujet important de la photographie industrielle. En même temps, par les attentes et les indications du commanditaire, et donc du fait de l’approche choisie et du traitement de l’objet par le photographe, elle témoigne des représentations à l’œuvre sur et dans le monde industriel. Ainsi, leur importance didactique vaut également pour le sens qu’elles véhiculent. Enfin, il faut souligner la place prise par la photographie dans les démarches de valorisation patrimoniale autour de l’industrie ; l’histoire industrielle – et sa transmission – peuvent difficilement se concevoir sans l’apport de ces éléments iconographiques.

Il s’agira d’abord de présenter des collections patrimoniales, privées et publiques, d’examiner leurs richesses et leurs apports, tout en évoquant les questions posées par la conservation de ce patrimoine documentaire. Sur cet aspect, les intervenants seront au nombre de quatre : l’Institut pour l’histoire de l’aluminium dont les collections photographiques, avec plus de 60 000 clichés, permettent d’aborder sur la longue durée tous les aspects de cette industrie ; Martine Dancer-Mourès, Conservateur du Patrimoine au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole et responsable du service expositions apportera également un éclairage sur ces collections patrimoniales tout comme Ivan Kharaba, qui dirige l’Académie François Bourdon du Creusot, dont la mission est de valoriser et de promouvoir le patrimoine industriel ainsi que la culture scientifique et technique. Pour terminer Nicolas Pierrot, Conservateur en chef du Patrimoine, sur la base de sa collaboration avec les photographes Philippe Ayrault et Laurent Kruszyk, nous parlera des photographes de l’Inventaire général face aux mutations du système productif en Ile-de-France entre 1980 et 2018.

Dans un deuxième temps, Françoise Denoyelle, en tant qu’historienne de la photographie s’intéressera à l’approche esthétique de la photographie industrielle dans les années trente.

Puis Michel Millet, quant à lui, étudiera l’apport de la photographie aérienne dans l’étude historique industrielle et Philippe Mioche s’intéressera à l’apport des images issues des archives d’entreprises à l’histoire coloniale avec l’exemple de l’Indochine.

Enfin nous écouterons le témoignage de Tiphaine Orfao, lauréate du premier concours de photographie industrielle organisé en 2018 sur le thème « Un autre regard sur l’industrie ».

La photographie industrielle permet également une discussion autour de la création : comment peut-elle s’exprimer dans un univers de l’« utile », et dans une démarche délimitée par une commande souvent spécifique ?